Posté le: Jeu Mar 25, 2004 12:37 am Sujet du message: US ET COUTUMES !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Les Pénelècres, c'est une association qui a pour but de défendre et de promouvoir le Parler Dunkerquois.
Ils écrivent une fois par mois, un article dans notre journal local ( la Voix du Nord )
Le texte çi dessous est un article qui s'intitule Derniers Conseils
Lettre à un Masqueloure
Asteu', le temps il est venu d'avoi' bien du leut'che tous ensemble dans les rues ; les ript'ches-rapt'ches et les gros menheers, les grands quinzes-cotes et les double-mousses, les fô-malins et les bet'che zote, les vuleheules et les calemadames, ceux qui sont épais comme un maritime double plié en quat' et les bierbucks, les naxieux et les sleuvres, ceux qui ont un gros pouncre et ceux qui sont à la reute, les kikebilles et les brelle-neuzes, les groumeurs et les blackboys, les toureloures et les mollefiques, les walle-walle et les ouchouchouches, etc ...
Nous voulons te parler de tous les masqueloures qui commencent à avoi' des mirres dans les jambres et des fifres et des tambours sous l'meuche, et qui rêvent la nuit à Co-Schlock et se réveillent en chantant Talire-Taloure !
- Si tu veux pas avoi' l'ai' d'un schitebrouck enfonce bien dans ton kopt'che tous les paroles des chansons du répertoi' ( anciennes ou nouvelles ) pou' pas fai' LA-LA-LA-LA-LA jusqu'à la bande de Pitgam !
- Mélange pas les chansons du football avec eul' carnaval, pas de .. " ce soir nous mettrons le feu ", mais su'l'même ai' tu peux chanter en flamand ... " soepe met bonnt'che dat es soldaten diner ", traduction : ( soupe et haricots c'est le repas des soldats ).
- Confond pas la melée d'rugby avec un tiens bon d'sus.
- Oublie pas d'moucher ton neuze et d'dire bonjour à Madame quand tu rentres dans une chapelle.
- Tu peux boi' une pinte, un kèvre ou un chomeu' mais pou' pas qu'tu sortes eud'là potcherolle pense à rempli' ton bucke d'un bet'che eud' podingue ou d'beultekaze, d'un bon peu d'pot'chevlèches ou d'kliper bien frais, car comme disent les kaillepopres un sac vide ça tient pas d'bout.
- En sortant, surtout pou' pas qu't'attrapes une double flexion d'poitrine, tu mets une voix du Nord du jou' sur ton boste et su'tes reins.
- Si tu rencontres des nègreprouts déguisés en civil su' l'bord du trottoir qui r'gardent comme ça dans ta fégu', va leur faire des niches et enmène les pou'fai' un beurt'che avec ... i d'mandant surement qu'ça !
Alo' Fret'che, Mit'che, Cisse, Guche, Phonche, Marit'che, Nèche, Stanche et leurs collégues, à vos bat'ches, clet'ches, flèpes, plumt'ches et berguenaeres ... pou' une belle et bonne bande !
A noste kée, frè' !
A chaque Dunkerquois, ses recettes de potje vleesch, de pudding et de soupe a l'oignon.
Voici mes versions :
La soupe à l'oignon Le diabolo Flamand
Eplucher au moins 5 kg d'oignons, les faire dorer au beurre, couper en tranches en petite quantité. Faire mitonner dans de l'eau ou du bouillon 1/4 d'heure. Ajouter trois ou quatre pomme de terres cuites à l'eau. Mixer en gardant quelques tranches d'oignons. Servir chaud avec du râpé, des biscottes et les tranches d'oignons. Verser dans un verre haut et pas trop large, 1/4 de geniévre ou de la fleur de houblon, remplir le reste avec de la limonade blanche.
Mais attention, comme disent les Berguenards : " quand on en boit 2, on est amoureux, ça vous tourne la tête ! "
Potje Vlees façon Suzanne
600 gr de poitrine de veau maigre
750 gr de poitrine de porc maigre
3 belles cuisses de lapin 3 belles cuisses de poulet
Couennes - Madère
Vin blanc
Poivre sel thym laurier romarin
4 carottes en rondelles 30 petites échalottes
Vinaigre de vin rouge à 8° ( 1 verre 1/2 )
1 grande terrine en terre.
Tapisser le fond de la terrine avec des couennes de lard
Couper toutes les viandes en gros morceaux et enlever la peau
Déposer 1 premiére couche de chaque viande dans la terrine
Ajouter les aromates et quelques échalottes dans les creux, aisni que les rondelles de carotte
Une seconde couche de chaque viande aromate, échalotte et carottes
Une 3ème couche de viande ( si grande terrine )
Une cuillère à café ( bombée ) de poivre blanc et 3 de sel
Mélanger un peu de vin blanc avec le verre 1/2 de vinaigre verser sur les viandes et completer avec du vin blanc pour couvrir toutes les viandes
Couvrir la terrine d'un papier alu et attacher le papier avec de la ficelle
faire quelques cheminées dans l'alu
Mettre la terrine au bain marie dans un four chaud à 200° pour 2h 1/2.
Veiller à ce qu'il y est toujours de l'eau au bain marie.
Aprés cuisson, le sortir du four, laissez refroidir 2 heures
faire la gelée Maggi au madère suivant les indications ( 2 paquets ) et la verser sur la viande
Laissez refroidir et mettre au frigo pour prise de la gelée
Proportions pour 6 personnes - bons mangeurs - plat unique.
Il est préférable de le faire 2/3 jours à l'avance mais laisser au frigo
Servir avec des frites et de la salade
Se conserve un dizaine de jours au froid
Pour la saveur et le gout, il vaut mieux une grande terrine que 2 petites.
Si vous voulez manger tous ces plats ainsi que de nombreuses autres spécialités Flamandes,
je vous recommande L'Estaminet Flamand à dunkerque
( A côté de la gare et du Pole Marine ) Réservation fortement conseillée.
Les tarifs sont honnêtes, le cadre typique et la bière est bonne !
Plutot que de mettre en avant telles ou telles associations ( au risque d'en oublier ) j'ai préféré reprendre cet article de la Voix du Nord, qui parle de leurs rôles et de leurs actions.
C'est vrai on a souvent trop tendance à oublier, mais une fois le carnaval terminé, il reste ces associations qui viennent en aide aux personnes les plus démunies...
Les sociétés philantropiques et carnavalesques aident ceux qui sont dans le besoin.
On l'oublie parfois, mais dans société carnavalesque il y a aussi philanthropique ... L'un de va pas sans l'autre et une fois les lumières de la fête éteintes, les papapluies repliés et les masques ôtés, il reste le désir de venir en aide aux autres. Souvent loin des projecteurs, souvent loin de la foule. Et la tradition dure depuis des décennies. Les sociétés récoltent de l'argent en organisant les bals de carnaval, en vendant des boissons, en mettant sur pied d'autres manifestations pour le grand public en dehors de la sacrosainte période de carnaval. Selon leurs moyens, elles versent leur obole aux associations humanitaires, aux persones dans le besoin ... A dunkerque, la solidarité est donc une tradition également. En 96 ou 97, trois sociétés ont commémoré un anniversaire : 75 ans pour les Quat'Zars, 45 ans pour les Acharnés, 30 ans pour les P'tits-Louis ... Sans oublier les corsaires, les Chevaliers du XXe siécle, la Bouée Bleue, les Optimistes, et bien d'autres ! Les sociétés ont fait le carnaval. Elles sont même à l'origine de la création des Indépendants, ces derniers trouvant, à lépoque que le carnaval était trop " cadenassé " par les sociétés. L'opposition est, maintenant, devenue plutôt sympathique.
voici la chanson officielle du carnaval
>> A Dunkerque
A Dunkerque quand vient le carnaval,
on est tous joyeux comme des cigales
on se grime on s'mets de la peinture,
on s'en fout plein la figur'’
on s’habille avec de vieux habits
et l'on sort son grand parapluie.
Avec tout cà on est paré pour le Carnaval
et le boulot on s'en fout pas mal.
On est heureux,
on est heureux avec les Dunkerquois
au carnaval on est les rois
On est heureux,
on est heureux avec les Dunkerquois,
on s'ra toujours les rois.
et celle du fondateur du carnaval
Cantate à Jean Bart
Jean Bart, Jean Bart,
salut à ta mémoire,
de tes exploits tu remplis l’univers,
ton seul aspect commandait la Victoire,
et sans rival tu régnas sur les mers.
Jusqu'au tombeau France Mère adorée
jalouse et fière d'imiter ta valeur
Nous défendrons ta bannière sacrée
sur l'océan qui fut ton champs d'honneur
sur l'océan qui fut ton champs d'honneur.
Jean Bart, Jean Bart,
la voix de la Patrie
redit ta gloire et ton nom immortel
et la cité qui te donna la vie
érigera ta statue en autel
érigera ta statue en autel
Est-il encore nécessaire de présenter le carnaval de Dunkerque ?
Si vous ne connaissez pas notre splendide carnaval, lisez attentivement
cette introduction tirée du livre " Regards sur le carnaval Dunkerquois "
et écrite par René Cambier et Oscar J.Marianez.
Elle vous donnera qu'une envie, celle d'y participer ...
Dunkerque, ce n'est pas Rio de Janeiro ou Venise, et son carnaval est moins connu, moins " médiatique " que celui de ces villes de rêve vers lesquelles s'envolent chaque année des charters de spectateurs. la ville souffre, comme l'ensemble de la région du Nord à laquelle elle appartient, d'un probléme d'image de marque. L'image d'un Nord industrieux, gris, morne et triste est trop souvent répandue. Dans l'esprit de beaucoup de Français, le Nord, où ils n'ont jamais mis les pieds, ce sont les "corons " et Germinal. Pourtant, lorsqu'on prend la réalité est toute autre, et l'on découvre un pays ouvert, accueillant, et une population chaleureuse, hospitaliére et fière de ses traditions.
Posté le: Jeu Mar 25, 2004 12:43 am Sujet du message:
Dunkerque est la capital du " Westhoek " ( Flande Maritime ). C'est avant tout un port, et au pays de Jean Bart et de Gaspart Malo, la tradition du carnaval a conservé ses origines maritimes et s'est perputuée depuis le 17ème siécle, avec la célébre " Visscherbende " ( bande des pêcheurs ), qui avait lieu avant le départ des marins pour les longues campagnes de pêche en Islande. Elle est, aujourd'hui encore, fortement ancrée dans la vie et dans les coeur des habitants de l'agglomération Dunkerquoise. Ceux ci attendent chaque année ces quelques jours d'ivresse collective et de liberté absolue qui voient les rues de Dunkerque, de Rosendael ou de Malo, de la Citadelle, de Petite-Synthe, de Mardyck et des communes environnante se peupler d'une foule se déplacent en " bandes ", dansent et chantent dans un joyeux désordre derriére les fifres et les tambours et font " rigondon " le soir venu.
Le carnaval de Dunkerque est avant tout un carnaval populaire, qui traduit le génie particulier qu'ont les gens du Nord pour la fête. Ce n'est pas une fête artificielle, mais une fête profondément enracinée dans l'histoire de ce pays flamand, où les déguisements et les masques permettent le mélange de toutes les classes sociles et une communication dans la fête. Le temps du carnaval est marqué par l'abolition de tous les interdits, la transgression de tous les tabous, de toutes les règles qui régissent la vie normale d'une société organisée. On y voit des hommes se déguiser en femmes, maquillés à outrance, portant perruques blondes ou brunes, voire bleues,rouges ou vertes, et exhibant des sous vêtements féminins par dessus leurs vêtements , et des femmes se ventir de costumes d'hommes et porter de fausses barbes ou de masques d'horreurs pour pratiquer " l'intrigue " sans être reconnues. C'est une fête démesurée, grandiose, au cours de laquelle tout semble permis, et cette libération aide à oublier la routine et les difficultés de la vie qotidienne. Le Carnaval correspond à une nécessité absolue pour le Dunkerquois, qui l'attend toujours avec impatience, à tel point que même lorsqu'il a quité sa ville, il y revient régulièrement, chaque année au début du carême, pour " faire Caranaval " et participer lui aussi à cette explosion vitale.
La tradition du Carnaval est si forte à Dunkerque que rien ne semble pouvoir l'arrêter. Interrompu lors des 2 guerres mondiales, il redemarra, aprés la seconde, dès 1946, et la bande des pêcheurs se déroulera au milieu de la ville en ruines, dans une ambiance émouvante, dont les plus anciens se souviennent encore. En 1991, lors de la guerre du Golfe, la municipalité, dans le climat, d'insécurité qui régnait alors, fut dans l'obligation d'annuler l'ensemble des manifestations carnavalesques. Les dunkerquois ne l'entendirent pas de cette oreille, et une bande spontanée, qui prit le nom de " bande annulée " eut lieu malgré l'interdiction. Ce fut, au dire de certains Carnavaleux, la bande " la plus extraordinaire du siécle ", et l'on prit soin, en 1992 de célébrer la premier anniverssaire de la "bande annulée " !
Les festivités du carnaval Dunkerquois s'étalent sur une période de 8 à 10 semaines, depuis les bals des " Kakernèches " et des " Corsaires " à la fin du mois de Janvier, jusqu'a la bande de " Swatelaeres ", association carnavalesque et philantropique de Lille, organisaient un bal de carnaval dans cette ville qui clôturait les festivités de l'année. Le moment fort du carnaval se situe autour de la période du Mardi Gras, avec ce que l'on avait coutume d'appeler " les 3 Joyeuses ". C'est là que ce situe les " bandes " de" Dunkerque ( Dimanche précédant la Mardi Gras ), de le Citadelle ( Lundi Gras ), de Rosendael ( Mardi Gras ) et de Malo ( Dimanche suivant la Mardi Gras ) et les bals les plus fréquentés ( Nuit de l'oncle Cô, bal du Chat Noir, Acharnés, Gigolo Gigolette et Nui-t de la Violette ).
Comme toutes les villes du Nord, Dunkerque possède son Géant, " le Reuze ", dont l'origine remonte au Moyen Age, et dont l'apparition est située par les historiens aux alentours de 1550. Autre fois, il fut étroitement assosicé aux festivités du Carnaval. Mais aujourd'hui, à l'inverse de " Gayant " qui défile dans les rues de Douai à l'occasion des fêtes qui lui sont consacrées au début du mois de Juillet, le Reuze se cantonne dans un rôle de spectateur passif. Il est exposé place Jean Bart à Dunkerque, devant la mairie de Rosendael ou devant les grilles du Parc Malo, et se contente de regarder passer la bande et d'attendre, entouré de sa famille, le retour des carnavaleux pour le rigodon final.
Même s'il attire un nombre considérable de spectateurs, venus de toute la région, le Carnaval de Dunkerque n'est pas un spectacle " toutistique ", comme le sont malheuresement devenus beaucoup d'autres carnavals. Ici pas de barrières, pas de tribunes, pas de défilés de chars. Seul l'itinéraire de la bande est programmé par les services de la mairie, pour permettre le dégagement de la chaussée. La ville entiére est envahie d'une foule joyeuse qui accompagne la bande et reprend en choeur les chansons traditionnelles du Carnaval : " Talire Taloure ", " Roule ta Bosse ", " Rosalie "... dont les airs sont profondément ancrés dans le coeur des Dunkerquois. Ces chansons au rythme lent ou entraînant, selon les circonstances, au paroles parfois grivoises ou même grossières, constituent l'un des aspects les plus originaux du Carnaval Dunkerquois. Elles ont été recueillies il y a quelques années, par un carnavaleux passionné, Jean Denise, dans deux ouvrages que tout dunkerquois possède dans sa bibliothèque : "Les Enfants de Jean Bart" (1977) et " Carnaval dunkerquois " (1984).
Un autre élément caractéristique du Carnaval dunkerquois, ce sont les parapluies, les "berguenaeres", multicolores, brandis par les masques au bout de longs manches. Leur présence dans la bande est attestée depuis le milieu du 19ème siècle, sans que personne ne puisse, aujourd'hui, en expliquer l'origine. A la vision de l'agitation désordonnée des couleurs de cette forêt de parapluies s'élevant au -dessus de la masse compacte des masques en tête de la bande, on ressent comme un vent de folie qui va s'emparer de la rue.
Bien avant le début de la bande, dans la ville encore calme et déserte, les masques commencent à prendre la posséssion de la rue, par petits groupes. C'est , à l'heure de l'apérétif, la préparation de la fête," l' Avant bande ", au cours de laquelle se préparent, dans une ambiance déja joyeuse, les plans pour l'aprés midi. Les " Kakestecks " entraînent dans leur sillage un petit cortége de carnavaleux impatients de commencer la fête, qui semblent chercher à s'échauffer et à se mettre en forme pour les festivités à venir.
A l'heure dite, les masques se rassemblent au lieu convenu ( place de la gare à Dunkerque, place Schipman à Malo ), derriére les musiciens vêtus du ciré et du suroît des pêcheurs, pour faire la bande sous le conduite du tambour-major en costume de soldat de l'empire, accompagné de Jean Bart et de sa Cantinière. Les rangs se forment, les parapluis s'ouvrent, la musique entonne " Roule ta bosse " et la bande, en un joyeux cortége coloré, se met en route pour un périple de plus de 4 heures à travers la ville, ponctuant son avancement de " Chahuts " ou " tiens bon d'sus ". On joue des coudes pour se placer ou se maintenir au 1er rang de la bande, dont les places sont les plus convoitées. C'est là que se retrouvent toutes les figures du carnaval, les carnavaleux les plus chevronnés, de fameux guillards capables de résister à la pression et de contenir les masques lors des chahuts. Au plus fort de l'apèés midi, la bande peut compter jusqu'a 20 000 masques !! En marge de la bande les figuemans isolés ou par groupe de 2 ou 3, pratiquent l'intrigue. Profitant de l'anonymat que leur procure leur déguisement , et contrefaisant leur voix, ils s'en prennent à des connaissances, cherchant, sans méchanceté, à faire rire à leurs dépens.
Après une pause " Rue de la soif ", la bande reprend son chemin, lorsqu'elle passe devant l'hotel de ville, le Maire entouré de son conseil municipal, jette des harengs enveloppés dans un film plastique à la foule massée sous les balcons, ce qui provoque une invraissemblanble bousculade. Les masques quittent souvent la bande pour aller se désalérer et reprendre des forces dans les cafés, ou pour visiter une "Chapelle " ( Maisons amies ou le carnavaleux fait une halte pour se faire offrir à boir ou à manger ). Chaque carnavaleux a ses propres addresses, et certains ont tellement de chapelles à visiter qu'ils ne retrouvent la bande qu'en fin de journé pour le rigodon final.
Le " Rigodon " final est un moment unique, la tension accumulée au cours de la journée va pouvoir exploser dans un affrontement total. La foule des masques se rassemble et tourne, comme un manège humain, autour de la musique, placée sur un podium, qui enchaîne pendant près d'une heure tous les airs du Carnaval. Celui de Dunkerque, place Jean Bart, et celui de Malo, autour du Kiosque à musique de la place Turenne, sont très réputés, et pour rien au monde, les carnavaleux ne les manqueraient. L'arrivée de la bande des Pêcheurs dans l'enceinte où va se dérouler le rigodon est un moment particuliérement " Chaud ", où les masques, écrasés les uns contre les autres, semblent ne plus toucher terre, et se sentent transporter par une puissance supérieure vers le lieu où ils vont pouvoir éclater leur énergie. Les parapluis s'entrechoquent, les masques dans une mêlée désordonnée viennent s'agglutinner sur la 1ère ligne, arc-boutée pour résister à la pression au cours de chahuts puissants, qui mettent à rude épreuve les muscles des participants. Le rigodon, c'est une communion intense de tout un peuple dans la fête, et la chaleur qui se dégage de ses corps entremêlés est telle, qu'il n'est pas rare, lorsqu'il fait froid, de voir s'élever au dessus de la masse compacte des masques, un nuage de vapeur qui donne à l'évenement un aspect irrél. Il s'achéve dans un moment d'émotion extraordinaire et grandiose, lorsque retentit la " Cantate à Jean Bart " et que tous les masques tombent à genoux et lèvent leurs bras au ciel, pour invoquer leur héros !
Apès le girodon, les plus mordus des carnavaleux se regroupent pour suivre " l' après bande ", et faire la tournée des cafés encore ouverts derrèére les " Kakestecks ", fanfare improvisée qui prend la relais de la musique municipale, pour attendre le début du bal. Il y a quelques années encore, le " Grand Morien " place Jean Bart, restait ouvert, et se sont des centaines de masques qui venaeint se désalterer, danser et chanter dans une ambiance indéscriptible, juchés sur les chaises et sur les tables " l" après bande ", c'est l'heure de toutes les folies. Quelqu'un lance une idée, et tout le monde suit. Lors de l'après bande de Malo en 1986, on a ainsi pu voir une centaine de masques pénetrer dans le cinéma Chanteclerc, place Turenne, interrompre la projection du film et se livrer à toutes sortes de facéties dans une ambiance bon enfant, pour la plus grande joie des rares spectateurs présents.
Les nombreux bals costumés qui jalonnent les festivités du carnaval sont organisés par un cetain nombre de " societés philantropiques carnavalesques " dans le but de venir en aide au nécessiteux. Ces sociétés ( les acharnés, les p'tits Louis, les Corsaires ... ), qui maintiennent vivante la tradition du carnaval, comptent chacune une cinquantaine de membres. Elles constituent une sorte d' " Aristocratie " du carnaval, et on retrouve souvent leurs membres en tête de la bande lorque celle ci a lieu sur leur territoire. Tous les carnavaleux qui n'appartiennent pas à ces sociétés revendiquent leurs indépendances et se sont eux mêmes regroupés en une sorte de confrerie informelle, les " z'indépendants ". Doués d'une imagination débordante, il anime la fête et comptent parmi eux quelq'unes des " figures " du carnaval.
Au cours de ces bals, qui depuis 1983 se déroulent pratiquement tous dans l'immense nouvelle salle du kursaal de Malo, l'orchestre alterne les airs à la mode dans tous les bals populaires, et les airs traditionnels du carnaval, qui permettent aux masques de décharger leur trop plein d'énergie dans des chahuts d'une telle violence, que les non initiés préférent rester à l'écart. Le plus ancien et l'un des plus célébres bals du carnaval Dunkerquois est le bal du Sporting dont l' ambiance attire une foule de plus en plus nombreuse. Le moment le plus fort de chacun de ces bals est le chahut de minuit, au cours duquel, aprés l'irruption de la bande des pêcheurs dans la salle, la mêlée atteint son paroxysme. Les masques reprennent pour le éniéme fois les chansons du Carnaval et se livrent à quelques tiens bon d'sus d'autant plus périlleux que le sol est souvent rendu glissant per la transpiration accumulée. A la fin du bal, vers 5 ou 6 heures du matin, les derniers survivants, ivres de fatigue, le maquillage défait, vont se retaurer d'une bonne soupe à l'oignon avant d'envisdager la suite des événements.
L'une des figures les plus marquantes et les plus attrayantes du carnaval de ces dernières années, fut Jean Minne, sapeur - pompier de son état, qui sous le nom de Co Pinard 2, a été le tambour major de la bande de Dunkerque de 1960 à sa mort, en 1988. Il n'avait pas son pareil pour conduire la bande ou pour mener le rigodon ou le chahut de minuit. La population Dunkerquoise assista en masse à ses obséques, place Jean Bart, et entonna, la gorge nouée par l'émotion, les airs du Carnaval et la Cantate à Jean Bart, pour lui rendre un ultime hommage. La municipalité a donné son nom à une rue du quartier de la citadelle, qui fut inaugurée pendant le carnaval de 1992, en présence de tous les tambours majors de l'agglomération Dunkerquoise.
Posté le: Jeu Mar 25, 2004 1:20 am Sujet du message:
Le Dunkerquois est un dialecte empruntant au flamand un certain nombre de mots de son vocabulaire. Il se parle avec un accent très prononcé, forcé, même, dans certaines occasions, comme par exemple, le carnaval de Dunkerque.
En voici un petit lexique :
BAT'CHE : 1. Maillot de marin. 2. Costume du carnavaleux.
BESTE CLET'CHE : plus beau costume
BET'CHE : petit morceau
BEULTEKAZE : pâté de tête
BEUT : 1. Poisson plat, croisé de la limande et du carelet. 2. Problème, bizarrerie - Y'a un beut' qui se traduit par il y a un quelque chose qui ne va pas.
BEURT'CHE : faire un tour dans la bande des pêcheurs - Chapeau.
BERGUENAERE / BERGUENARD : parapluie - HAbitant de Bergues
BONNEAMIE : fiancée
BOREL : café de la citadelle
BRISQUER : Raler, ronchonner.
BRILLANT BELGE : produit pour nettoyer, faire briller les cuivres
BROUCK : pantalon
BUC : ventre
CAHUTE : chez soi
CAKEWALK : danse du début du siècle
CAT'CHESPELE : jouer au petit docteur
CATELAM : fatigué
CHAPELLE : maison amie où l'on boit un coup et se restaure durant la bande
CHASSE-NECHES : personne recrutées par la municipalité employées à pousser les carnavaleux afin de *CHOLER : traîner, aller au hasard -- La cabaretière, fais nous crédit, on te paira tous un samedi; si tu ne veux pas, payer à boire, on va choler dans ton comptoir... -- chanson du carnaval.
AUX CLAQUEBEUSSES : allusion au club des Claquebeusses (sarbacanne)
CLETCHE : vêtement, généralement employé pour désigner le travesti de carnaval
CLEUT'SE : secoue(battu comme des cartes)
CLIQUE : musique de la visschersbende
CO-PINARD : ancien tambour-major et figure dunkerquoise. Au carnaval, il est chargé de faire avancer la musique.
CO-SCHLOCK : Actuel tambour-major de la bande des pécheurs; il succéda à Co-pinard.
COPESPELE : toile d'araignée
CORINTHES : raisins secs
COOT'CHE : jeune fille
COUQUE : Gâteau.
COUQUE SUISSE : Brioche au raisin et à la crème pâtissière en forme de spirale; c'est égalament son nom en belgique. Dans le Calaisis, on l'apelle escargot, et un peu partout en france, brioche au raisin ou pain au raisin. Attention, à Dunkerque, un pain au raisin c'est un petit pain avec des raisins secs, et non une couque suisse.
COUQUESTUC : Pain gâteau.
CREUT'CH : Gosse, gamin.
CRIMINELLE : Saoul, ivre
CRUPER : Marcher à quatre pattes
FAIRE MAT'CHE : flatter
FEGURE : figure, visage
FIGUEMAN : personne de la bande des pêcheurs tenant une figue au bout d'un fil
FIRE : fille
FLEPE : petit morceau de tissus ou de fil provenant d'habits usés
CHEZ FRICOTO : ancien restaurant
FUSÉE DANS LA TRAILLE : familier. vomir dans le caniveau
LAPETEUTE : personne lente
LEULER : trainer, rêvasser - Eh, gâmin, arête de leuler comme ça, et viens vite à la maison, y'a du podingue !
LEUT'CHE : plaisir
NART'CHE PETCHE : anus
NECHEPROUT' : demeuré
NOUCKT'CHE : petit coin
PENELECRE : Employé de bureau
PET'CHE : jeu de bille
PEUTE : Force, énergie. Ben alôr', gâmiin, ket'ta don ? Pête un coup, t'es tout pâle ! T'a pu d'peute, don ? que l'on pourrait traduire par : Dis donc, l'ami, vous avez un souci ? me semblait bien mal en point. Seriez-vous fatigué ?
PICHELEULE : Lambin, quelq'un qui leule.
PICHELOURE : Sexe masculin.
PINTE : Demi de bière
PLAT'CHE : Poisson plat. Usuellement, un beut' ou un carrelet.
PODINGUE : Pudding
PONT SAINT GEORGES : pont de Coudekerque-Branche
POPECHOLEE : Fille publique
POTCHEROLLE : Saoul, ivre
PREUTE : Derrière, cul
REUZE-PAPA : géant de Dunkerque
RIPT'CHE-RAPT'CHE : petites gens débrouillardes vivant de peu de choses
ROULER DE SON CORPS : tomber
ROUN'QUER :maugréer, marmonner
ROSENDAEL : quartier Dunkerquois
LA RUE DES M'TITES JUPES : ancienne rue réputée pour ses maisons closes
SAQUENT N'DANS : y aller de bon coeur
SCHNICKER : boire abondamment
SMEULE : 1. Bon repas, festin. 2. Miettes ; tomber en smeule, faire des smeules.
SPRIPT'CHEPAP : Bouillie épaisse.
STECKEBEILLE : Sexe masculin. syn.: wiche.
RUE ST GILLES : ancienne rue populaire de Dunkerque
STOK'CHE : Bâton, manche de parapluie.
TEUTRE : trompette
TET'CHES : seins
TETTECARIOLES : corset, soutien-gorge
TIOLE : simple d'esprit
TOURELOURE : Un peu fou.
VEINT'CHE : mari, bonhomme, petit enfant en flamand.
VISSCHERSBENDE : bande des pêcheurs, au carnaval de Dunkerque.
ZELT'CHE : socle de statue
CHEZ ZIZINE : ancien café de haute réputation
ZO / ZO'TCHE : Baiser, bisou. - Donnes un zo, à ton oncle co', qui r'vient d'pêcheur d'islande; de son wamme, tu auras un morceau, s'il est bien tendre. : chanson du carnaval du Dunkerque.
ZWATELAERES : société carnavalesques des dunkerquois de Lille qui organisait un bal très apprécié des Dunkerquois
ZWECKT'CHE : sexe masculin. syn.: pichelour, wiche.
ZWEKT'CHE : perche de figueman
Posté le: Jeu Mar 25, 2004 1:34 am Sujet du message:
quelques petites chansons du carnaval maintenant que vous avez le lexique !!!!!!!! :wink:
As-tu connu ma Noôt'che
As-tu connu ma Noôt'che
çà c'est un beau p'tit coôtche
Elle a cassé sa jambe de bois
sur l'pe-ris-tyl de St Eloi (bis).
Wiche
Wiche, wiche, wiche, wiche,
vient jouer avec mon wiche
cinq minutes c'est pas longtemps
et mon wiche i s'ra content.
Va laver tes yeux avec du poddingue
Va laver tes yeux avec du poddingue
T'auras des corinthes
A ton cul !
En chantant
Sur l'air de " En chantant " de Michel Sardou
Un jour qu'j'étais installé
Potcherolle j'me suis r'trouvé
En chantant
Les pompiers m'ont ramassé
Le foie i m'ont nettoyé
En chantant
L'lendemain j'me suis réveillé
L'hopital m'avait gardé
Enchanté
L m'avait tout retiré
Plus de creute dans mon nez
Dégouté
Refrain :
La bande c'est plus marrant
La biére plus enivrant
En chantant
Pitcheploï j'me suis r'trouvé
Ben ma femme elle m'a quitté
En chantant
J'étais bout'che van de deur
Elle avait brisé mon coeur
En chantant
Par ses têt'ches j'l'ai rattrapée
D'un mêt'j'les ai rallongés
Enchanté
Asteur quand j'men vais chôler
D'la tourtel j'dois avaler
Dégouter
Posté le: Jeu Mar 25, 2004 2:36 am Sujet du message:
ville de dunkerque
Figure emblématique de Dunkerque, Jean Bart est le plus célèbre corsaires français.
Né à Dunkerque en 1650, il s'embarqua à 12 ans puis servit sous les ordres de l'amiral hollandais de Ruyter.
Rentré en France en 1672, il obtint son
premier commandement en 1674 et entamma
alors une carrière exceptionnelle : lieutenant
de vaisseau en 1679, capitaine de frégate en 1686, capitaine de vaisseau en 1689.
Multipliant les faits d'armes, s'évadant des prisons anglaises en 1689, Jean Bart conquit Louis XIV par son audace et ses exploits.
Anobli aprés la fameuse bataille du Texel, le
29 juin 1694, par laquelle il ramena en France
120 navires de blés "sauvant ainsi la pays de la famine", il fut nommé chef d'escadre en 1697.
Il décéda à Dunkerque en 1702. Sa vile natale lui rendit un vibrant hommage en inaugurant, les 7 et 8 septembre 1845, sa statue au
centre de la grand place qui prit alors le nom du célèbre corsaire.
Oeuvre du sculpteur David d'Angers, la statue fut surélevée en 1903, le premier socle étant trop petit.
Son entourage souvent modifié fit place, en 1983, à un parterre de verdure et à une grille arborant, en écussons de bronze, les armes
de la ville et le nom des 16 navires que le héros a commandé.
Inscrit le: 17 Oct 2005 Messages: 6055 Localisation: devant le clavier
Posté le: Dim Jan 15, 2006 5:44 pm Sujet du message:
tallyne a écrit:
]Figure emblématique de Dunkerque, Jean Bart est le plus célèbre corsaires français.
Né à Dunkerque en 1650, il s'embarqua à 12 ans puis servit sous les ordres de l'amiral hollandais de Ruyter.
Anobli aprés la fameuse bataille du Texel, le
29 juin 1694, par laquelle il ramena en France
120 navires de blés "sauvant ainsi la pays de la famine", il fut nommé chef d'escadre en 1697.
ce n'est pas tout à fait ça, rétablissons la vérité historique.
D'abord s'il a effectivement sauvé le royaume de la famine ce n'était pas grâce à cette soit-disant cargaison de blé qui n'a existé que pour donner un tour honorable à l'histoire. La cargaison des 120 navires était en fait constituée de teckels. Notre corsaire s'en est emparée en livrant bataille près d'un pont dont le nom fur perdu à cause de la particularité de la cargaison et des aboiements qui empêchaient d'entendre le dit-nom. Par la suite des "historiens" politiquement correct attribuèrent ce nom de Texel.
La vraie bataille a pour nom bataille du pont du teckel. D'ailleurs en Citadelle le nouveau pont porte le nom de "Pont de la bataille du Teckel" d'après ce que j'ai entendu anciennement chez Borel.
Pas chien, le roi l'anoblit (chevalier de doberman) et le nomma chef d'escadre... _________________ " Hâtez vous de patienter" LS
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